mercredi 28 octobre 2009

Hantise.

Une personne sans histoire et sans fantaisie, voilà ce que je deviens de plus en plus sans que je l’aie soupçonné, cette impassibilité en vers les choses me désespère, je ne sais plus ce qui pourrait prendre possession de mon âme apathique et la secouer dans tout les sens pour qu’elle revive, j’avais le cœur gonflé d’amour et j’en pleurais à en suffoquer, je ne le fais plus, je ne suis plus vive, impulsive, maintenant si ce n’est pas la colère qui me noue calmement la gorge des fois, c’est souvent de l’indifférence et de la confusion face à ce que je suis devenue, j’espère que la vie finira par me rattraper, bizarrement ce n’est plus de revanche contre la vie que je parle avec moi-même, mais de réconciliation avec la vie, de désir de vivre pleinement, de retrouver la personne émotive que j’étais, cette personne que j’ai moi-même étouffé pour des raisons qui n’en valent pas la peine, (d’ailleurs rien ne vaut la peine de se tuer pour) et que maintenant je regrette, comme on regretterait le plus doux des amants.
Je suis encore pire que ces ivrognes s’enivrant par désespoir et désillusion, voici mon self image poussée à son paroxysme.
Ce n’est pas de la mélancolie, ce n’est pas de l’angoisse, ni de la profonde tristesse, et quoique ça sonne comme une sorte de spleen baudelairien, ce n’est pas le cas, ce n’est rien que de l’ennui, l’ennui de l’attente, une attente absurde, qui illustre toute la laideur de ma dépendance, me passant en boucle Je suis malade de Dalida rien que pour le passage : « Je suis malade, parfaitement malade, t’arrives on ne sait jamais quand, tu pars on ne sait jamais où, et ça va faire bientôt deux ans que tu t’en fous. » dépendre, attendre, je ne veux pas l'admettre, parce que rien n’est censé me priver de ma liberté, rien n’est supposé me froisser ce sentiment délicat d’autosuffisance, rien, ni personne d’ailleurs, surtout pas lui, une hantise.

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