J’emprunterai volontiers la vision du monde de Chuck Palahniuk, un monde au bord du chaos, perdu faute de révolution, une vision dite nihiliste quoique…J’avais fini la lecture de Fight Club, juste avant que le film n’accomplisse ses dix ans il y’a quelques jours, l’adaptation cinématographique a déformé plusieurs facettes du roman je trouve, mais sans pour autant porter atteinte à son essence. Le dernier chapitre est digne de ce nom, mais seulement si on a pris la peine de savoir ce qu’il y’avait avant, de s’accrocher et suivre les péripéties d’un narrateur pas comme les autres, des péripéties entre hallucinations et réalités, entre descriptions minutieuses ennuyeuses balzaciennes, et pétage de câble, j’avais du mal à suivre lors de quelques passages, mais ce qui était drôle, (enfin pas drôle parce que ça me bousillait ma lecture) c’est que j’avais inconsciemment recours au film pour comprendre des passages, c’est seulement vers les derniers chapitres qu’on commence à être certain que Tyler Durden est tout simplement l’œuvre du narrateur-protagoniste, l’antihéros qui sera la cantatrice d’un opéra de mort énorme, que le premier et avant dernier chapitre décrivent avec une telle maîtrise, je ne pense pas que ça ait été difficile pour David Fincher d’adapter en scène Fight Club, puisqu’il a suivi au pied de la lettre chronologiquement parlant, l’intrigue. J’avais tout pigé avec un sourire jusqu’aux oreilles, quand j’ai lu ce passage : «Aux yeux de Dieu, tout ceci ressemble à un homme seul, tenant une arme enfoncée dans sa bouche, mais c'est Tyler qui tient l'arme, et c'est ma vie. » Puis il y’a eu le 30ème chapitre, le dernier, avec un autre passage marquant : "La balle sortie de l'arme de Tyler, elle m'a arraché l'autre joue pour me donner un sourire déchiqueté d'une oreille à l'autre. Ouais, comme une citrouille furieuse de Halloween, exactement. De démon japonais. De Dragon de l'Avarice. Maria est toujours sur terre, et elle m'écrit. Un jour, dit-elle, ils me ramèneront." Ou encore : "Nous allons faire éclater la civilisation en morceaux pour pouvoir faire du monde quelque chose de meilleur."
Voilà ce qui résume le roman. A première vue, on se rend compte que c’est un roman indépendant, argotique, critique acerbe et dérangeante d’une société de consommation comme seul constat de la civilisation contemporaine, sauf que c’est une critique individualiste prenant comme chantre Tyler Durden, l’antihéros, prochain Palahniuk à se procurer : Monstres invisibles.

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