Maintenant qu’une part du boulot est achevée, bâclée certes, je me sens un peu mieux, je sais aussi que c’est loin d’être terminé, que ça ne fait que commencer, que j’en verrai des vertes et des pas mûres lors de périodes de contrôles à venir, mais je ne craquerai pas, j’en suis aussi sûre que ça, oui.
Je suis parfaitement calme, j’ai pu retrouver toute ma concentration durant cette semaine, et quoique je n’ai pas passé remarquablement ces foutus contrôles, au moins je m’en suis débarrassé, ça me jouait trop sur le moral, c’était tout simplement trop de responsabilité de réussir ces contrôles, je ne les ai pas réussi, je les ai passé, j’aurai enfin droit à une bonne dose de sommeil intensif ce week-end, sans polycopies étalés sur le bureau entrain de me narguer et me pourrir l’existence, sans exposés à finaliser non plus, ou du moins pour un bon bout de temps, le temps de souffler, de glander un peu, pour que ça recommence, l’Eternel retour, hehe.
« Si tout devient, rien ne devient et si rien ne devient tout revient. » divagation ou annonciation ?
Je suis de bonne humeur ce soir, c’est le cas de le dire, no exuberance, just feeling good, and what a good feeling !
J’avais un appétit d’ogre cette semaine, c’est flippant comme je mangeais, en tout cas je suis en plein phase finale de mon cycle hormonal, je trouve bizarre que je ne sois pas irritée et à fleur de peau, je croise les doigts, et Dieu seul sait combien j’ai horreur de guetter, j’ai horreur de tout ce qui a trait à me restreindre ma liberté, certes avec le temps je suis de moins en moins sous le joug de mes émotions, et quoique je ne suis plus sûre que c’est ce qui doit avoir lieu, je ne peux que continuer mon processus d’affranchissement, quitte à devenir insensible, c’est la seule façon d’atteindre une vraie liberté dans un monde absurde trop soumis aux contingences… même la science a cessé d’être déterministe, maintenant que tout est à repenser, tout rentre dans l’ordre épistémologique des choses, voici venu le temps des incertitudes et de la crise de conscience, exister, c’est être là, simplement, les existants (autrui y compris) apparaissent, se laissent rencontrer, mais on ne peut jamais les déduire, les énoncés de la logique et des mathématiques ne nous apprennent rien sur le monde, l’expérience humaine ne peut se résumer à ce qui est dicible et cette philosophie du langage s’attache à ce qu’on peut exprimer, ce qu’on ne pourra exprimer, n’a pas lieu d’être, ainsi le sens de la vie, inexprimable, n’a pas lieu d’être, et quelle relève cherchera à l’homme un recours à la perte de sens ? si ce n’est la foi et la croyance, on peut toujours chercher, loin d’un idéal d’ascète, d’autres façons de palper ce sens, et en ce sens un passage de Fight Club m’avait bien marqué : « Elle n'avait jamais vu un mort de toute son existence. Il n'existait aucun sens vrai à sa vie parce qu'elle n'avait rien avec quoi la mettre en contraste. Oh, mais maintenant elle avait agonie, mort, perte, chagrin, deuil. Des larmes et des frissons, de la terreur et du remords. Maintenant qu'elle sait ce vers quoi nous nous dirigeons tous, Maria perçoit et sent jusqu'au plus petit instant de sa vie.»
Peut être que j’ai du mal à l’avouer, mais je ne suis pas en mesure de trancher, ma pensée est un tas de contradictions, la synthèse n’est pas prévu pour bientôt, néanmoins l’absurdité ne me condamne pas à la paralysie, mais m’engage à plus d’action, à se déterminer pour un choix et pour ma liberté, je ne suis pas positiviste, je n’accorde pas d’importance au comment autant que je l’accorde au pourquoi, comme je suis à tempérament pessimiste, mais l’homme peut tout être, et pour cela il doit entreprendre des interactions avec les autres, ces mêmes autres qui le dépossèdent de lui-même, toute relation concrète qui engendre le conflit (souvent inévitable) est soldée par une succession d’échecs : l’amour est irréalisable… je l’aurai compris, une telle déduction ne m’empêche pas de me sentir toujours aussi bien, je me chante « Que sera, sera. » et ça sera le résultat de mes propres choix, aux yeux de Dieu, je serai la somme de ces choix.

5 commentaires:
je ne peux que continuer mon processus d’affranchissement, quitte à devenir insensible, c’est la seule façon d’atteindre une vraie liberté dans un monde absurde trop soumis aux contingences…
Depuis quand l'insensibilité mène vers la liberté???!!! Se débarrasser du désir mène vers la liberté d'après certains mais la sensibilité... it must be ironic!
It is ! C'est une manière moins évidente de dire que depuis un bon bout de temps je ne fais que décliner les invitations de la vie, et ça m'arrange.
ça ne devrait pas, sinon pourquoi es-tu en vie?
Je ne peux pas te souhaiter de " Bonne continuation " tout simplement parce que tu n'en as pas le moindre besoin. tu sais écrire , je le sais depuis longtemps et c'est toujours aussi plaisant de venir finir ses journées ici. alors sur ce et pour ne pas faire tâche plus longtemps , je te dis juste : merci.
Voici un avis qui m'encourage beaucoup, vu la qualité de tes écrits l'ami, merci beaucoup Tarek!
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